e de Paris, et cela malgré la froid automnale.
Milady




Je souhaite bien du courage à celles qui veulent passer la bague au doigt (de la main droite) d'un espagnol! Avant la majorité nuptiale fixée à 30-35 ans, l'espagnol vit chez «pôpo» et «monmon car il préfère capitaliser avant d'acheter son petit cocon. En bonne épouse modèle on leur apprendra donc que le lin rétrécit au lavage»
Les espagnols se marient uniquement à l'église, et ne passe pas devant le maire (ce qui est très pratique pour la robe). Lors de la célébration religieuse, la mariée porte la mantille blanche. Cette alternative traditionnelle pour le voile est avant tout andalouse. La belle-mère quant à elle la porte noire avec un grand peigne. (et pleure...de joie)
Les mariés se font glisser entre les mains de la monnaie (las harras) pour symboliser «ce qui est à moi est désormais à toi...». Mais bon, si vous espériez porter le nom de famille de votre mari, n'y penser même pas! On porte à vie deux noms en Espagne: celui de son père et celui de sa mère. Il m'est donc arrivé de rencontrer un Antonio Rodriguez-Rodriguez car les familles espagnoles sont immenses. Pour nous autres femmes françaises un peu frustrées, réjouissons-nous, notre enfant portera toujours notre nom!
Une chose est au moins sûre, lors d'un mariage espagnol, il y a de fortes chances de faire la fête le soir de la «boda»...Et si vous y êtes invité, vous repartiez sans aucun doute mesdames avec un petit paquet de dix cigarettes et messieurs avec un cigare. La loi anti-tabac n'est pas encore d'actualité il semblerait...
Mariposa
Drôle de nom pour une collection. Et pourtant, il est d’usage de dire qu’on a lu tel ou tel livre dans « La Blanche » de Gallimard, la collection des plus grands auteurs du xxe et peut-être du xxie siècle. « La Blanche » ne s’apparente pas clairement à une collection, elle reçoit tous les genres : essai, poésie, roman, mais veut se distinguer par la qualité des ouvrages qu’elle publie, sans ligne éditoriale précise. Une collection qui collectionne les grands noms, les grandes oeuvres!
Mais ce qui paraît intéressant en cette semaine blanche est surtout l'appellation « Blanche ». Elle fait référence aux couleurs revêtues par la plupart des premiers volumes brochés publiés par la maison d'édition, dont les couvertures étaient de couleur crème et non jaune paille comme aujourd'hui. La maquette retenue détonait dans les rayonnages des librairies où dominait une titraille noire sur fond jaune. Plus tard, alors que les différentes maisons usent de couleurs et d’illustrations pour se distinguer, se faire une place, Gallimard peut se targuer d’être identifiable sans le moindre effort. Gallimard est le blanc et la classe incarnée. La collection accorde à sa couleur des marques de noblesse. Pas besoin d’en rajouter, le nom de l’auteur et la qualité de l’édition suffisent. Le blanc comme l’anti-vulgarité, l’anti-mauvais goût. Ainsi, les best-sellers comme Les Bienveillantes ne porteront qu’un simple bandeau. À l’image d’une belle femme, la collection refuse les fards et préfère le naturel (un naturel travaillé bien sûr !). La maquette de couverture a été conçue à l'occasion de la parution des trois premiers volumes de la collection par l'éditeur Verbeke à Bruges. On veille déjà au moindre détail, rien n'est laissé au hasard — on sait, depuis Mallarmé, ce que la poésie doit à la typographie, et inversement. La maquette finale relève d'un refus catégorique de traitement décoratif au profit d'une lisibilité intacte, privilégiant unité typographique et sobriété de la composition. Elle se rattache à celle de « La NRF » par son papier mat de couleur crème, par l'adoption d'une elzévirienne assez fine et allongée, aux contrastes de graisses peu marqués, et par l'impression en deux couleurs, rouge et noir. Elle en diffère cependant par le cadre à filet noir et double filet rouge.
Cette maquette sera stabilisée durant l'entre-deux-guerres, une fois le filet horizontal entre l'auteur et le titre supprimé, le monogramme NRF traité typographiquement (Garamond puis Didot italiques), le Didot gras adopté pour l'impression du nom de l'auteur et le titre et enfin les filets rouges et noir prolongés en dos. Au cours des années 1950 apparaissent les premiers résumés en quatrième page de couverture.
Si le blanc représente incontestablement la qualité et la noblesse chez Gallimard, une anecdote en témoigne. Pennac, à ses débuts, était publié dans « La Série Noire », pendant policier de la première. La fée carabine par exemple est publiée en 1987 dans cette collection « de seconde main ». Il faut attendre 2003 et le succès et la reconnaissance que l’on connaît à cet auteur pour que le même ouvrage passe en « Blanche » ! sans le moindre complexe…
Carabine
Le blanc s’absente…
Il est temps de combler cette vacuité blanche par ses riches et universelles symboliques.
Blancs de nos pairs
Pluriel est le blanc. Mat se disait albus en latin. Il donna naissance à l’« albâtre » ou encore l’« albunime » en français. Brillant, candidus de son origine latine, est le « candidat » qui porte une robe blanche pour se présenter au suffrage des élections. Par extension, le blanc est devenu la couleur symbolique du candidat qui change de condition. Le blanc est aussi célèbre pour être la synthèse de toutes les couleurs.
Blanc virginal ?
Jadis, le blanc et le mariage ne faisaient pas encore bon ménage. Le rouge représentait la couleur des mariées sous la Rome Antique. Et cette tradition se perpétue en Chine et ailleurs. Le blanc symbole de l’innocente jeunesse, présente ou perdue, constitue aussi la marque physique de la vieillesse avec les cheveux qui blanchissent. En Asie et certains pays de l’Afrique, le deuil se porte en blanc.
Naissance, mariage, mort, cercle de vie couronné de blanc. Spiritualité.
Blanc de la propreté immaculée !
Divinité blanche
Blanc divin de la lumière divine et des anges. Du coup, les rois, incarnations physiques de Dieu, se sont appropriés le blanc comme l’émanation de leurs autorités royales.
Blanc aristocratique
Masque blanc

Milady
Michel Pastoureau, Le petit livre des couleurs, Points Histoire, 5 euros.
Photo : Tarik Briziz
Petite fée joue les marie antoinette avec son bustier corail de chez Princesse tam tam et son tour de cou en dentelle.
Milady porte un collier en cotte de maille, de chez Laura Farbiarz. Le collier est une avant-première pour notre blog, mais il sera bientôt disponible ici et coûte 150 euros !
Et spécialement pour nous, il portera le nom de Toinette !
Si vous êtes impatientes de le porter, comme nous autres Fées en ville, vous pouvez passez votre commande auprès de Laura Farbiarz sur contact@farbiarz-laura.com.
Quant à moi, j'ai choisi un collier de chez Michal Negrin, une créatrice israelienne.
Alors, qu'en pensez-vous ?
Moda
"Privée", C/ Barbara de Braganza, 8, 28004 Madrid
Tout le monde connaît l’histoire du collier, je l’ignorais. Personne ne m’avait raconté ces ragots de l’Histoire, ni professeur, ni copine. Peut-être n’y aurais-je d’ailleurs pas cru si je ne l’avais pas lue.
Benetta Craveri, dans Marie-Antoinette et le scandale du collier — certainement parce qu’elle est italienne et que l’histoire est moins connue dans son pays — se risque à exposer, une nouvelle fois l’« affaire ». Dans ce petit livre, elle peint les portraits, souvent jubilatoires, des grands personnages de cette intrigue ; de Marie-Antoinette, bien sûr, mais surtout du cardinal de Rohan, étonnant de naïveté et de bêtise et de la comtesse de La Motte, véritable héroïne de roman, menteuse et manipulatrice, comme on les aime. Le cardinal, prêt à tout pour gagner les faveurs de la reine, y compris à acheter le collier le plus cher du monde, est abusé par la peu scrupuleuse comtesse de La Motte et bientôt accusé et emprisonné à la Bastille. Un scandale dont la reine sort, contre toute attente, éclaboussée. Elle qui ne demandait ni collier, ni soupirant.
Benetta Craveri, en se basant sur l’étude des interrogatoires et du procès, retrace les étapes de ce complot contre Marie-Antoinette, dite « l’Autrichienne » et embrasse une époque où déjà la presse à scandale, par le biais de la calomnie et de la diffamation, est une arme politique.
Alors, pour tous ceux qui ne connaissent pas cette histoire et parce que c’est beaucoup plus romanesque et intéressant que les « potins » d’aujourd’hui, ce livre sera un vrai moment de plaisir.
Carabine
Benneta Vraveri, Marie-Antoinette et le scandale du collier, Gallimard, 10 euros.

Promenons-nous dans le Grand Palais, si la Révolution y était, elle nous mangerait, mais comme elle n’y est pas, elle nous mangera pas. Révolution où es-tu ? Que fais-tu ? M’entends-tu ? …
Une
magnifique exposition est consacrée à Marie-Antoinette au Grand Palais qui, pour l’occasion, s’est transformé en un écrin du joyau qu’il renferme : des œuvres inédites qui retracent l’enfance et la vie de la dauphine puis reine de France, des meubles et bijoux d’une facture rare, la reconstitution de son univers au Trianon sont autant de détails raffinés qui éblouissent le visiteur. Les curiosités sont multiples. Parmi elles, « l’Acte de mariage authentique du dauphin Louis et de l’archiduchesse Marie-Antoinette », daté du 16 mai 1770, inscrit sur les registres paroissiaux de l’église Notre-Dame de Versailles. Sous la signature de Louis Auguste, on lit celle de Marie-Antoinette Josephe-Jeanne. Sur l’empattement du J de Josephe, la fameuse tache d’encre.
Continuons avec le plan de table des noces du couple. Le Roy Louis XV préside une tablée des membres de la famille royale : à sa droite, M. Le dauphin en face de Mme La Dauphine, laquelle est à la gauche de M. Le Comte d’Artois, placé en face de M. Le Comte de Provence… (bon j’arrête là, si ça vous intéresse, vous savez où le trouver). Excitant à voir. C’est authentique !
J’ai été subjugué par la beauté et l’éclat du secrétaire à cylindre en nacre du boudoir de Marie-Antoinette à Fontainebleau : tout simplement sublime. Un bijou sur quatre pieds. Son goût prononcé pour les arts décoratifs et les idées nouvelles la conduisent au mécénat. Et cette exposition est en bien le témoignage vivant : en peinture (Vigée le Brun), en sculpture (Lemoyne, Boizot et Lecomte) et en objets d’art (Carlin, Riesener, Weisweiler).
Sa harpe. Objet pittoresque qui rivalise de poésie avec le reste de son mobilier.
Un tableau animé qui surprend par son ingéniosité. Des personnages montent un escalier d’une villa située dans un jardin romantique, du grand opéra pictural.
On découvre aussi, grâce aux nombreux portraits, que Louis XVI n’est pas aussi laid que l’on croit. Il n’a rien à envier à ses frères, les Comtes de Provence et d’Artois.
Quant à Marie-Antoinette, on apprend qu’elle n’est pas satisfaite de ses portraitistes et pour cause. Ces derniers ne cherchent pas à l’embellir : ils rendent visible ses yeux exophtalmiques, son nez aquilin, et ses rondeurs. À ce sujet, elle confie à sa mère : « Les peintres me tuent et me désespèrent ». Heureusement, en 1779, Elisabeth Vigée Le Brun devient au grand bonheur de Marie-Antoinette sa portraitiste officielle. Elle respecte toutes les conventions du portrait de cour et ce, en adoucissant ses traits sans perdre la ressemblance. On est donc surpris de découvrir différents visages de la reine. Seul le teint de lys et de rose est représenté sur chacune des toiles peintes à son effigie. Marie-Antoinette cherche déjà à contrôler son image ; laquelle lui échappe plus tard certainement par manque de discernement politique.
Dans la dernière salle de l’exposition, les années sombres sont matérialisées par une lumière tamisée. Des brides de citations sont éclairées sur le mur noir. La maquette du Temple est accolée à une vitrine où est étendue une chemise blanche qu’elle aurait portée pendant sa captivité. Frisson dans le dos assuré. Et enfin, une sourde émotion vous envahit devant la dernière lettre écrite le 16 octobre 1793 à 4 h ½ du matin à Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, avant de partir vers sa tragique destinée.
À la sortie de l’expo, un stand Ladurée nous attend. Je défie quiconque de résister aux savoureux macarons ! Pour ma part, après deux heures passées en compagnie de Marie-Antoinette, j’ai eu une sérieuse fringale. J’en ai acheté dix pour moi toute seule : deux à la framboise, deux chocolat, deux vanille, deux pistache et deux caramel. Aucune culpabilité. À chaque bouchée, c’est un délice, un poème. Marie-Antoinette en dégustait tout le temps. Il paraît que le macaron était son pêché mignon. Alors, gourmande pour gourmande, je me délecte de ces petits plaisirs en m’achetant dans la librairie, le superbe catalogue de l’expo au prix exorbitant de 49 euros, et plein de bêtises façon « Eurodisney » : un crayon, un cahier, un coussin à l’effigie de Marie-Antoinette, histoire de garder un souvenir kitch et palpable de ce moment agréable passé ici en compagnie de la dernière reine de France.
Que retient-on de Marie-Antoinette, appelée dans son enfance Antonia et Toinette ?
Une femme exquise, une mère aimante, pleine de grâces et d’esprit qui apparaît aujourd’hui comme un modèle féminin auquel on rêverait bien de ressembler un soir.
Evelyne Lever, Marie-Antoinette, Un destin brisé, rmn.