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mercredi 25 mars 2009

Le Salon du livre et son invité d’honneur

Cette année, l’invité d’honneur du salon du livre était le Mexique. En matière d’édition, ce pays a toujours été un état précurseur au sein de l’Amérique du Sud. Dès le XVIe siècle, les premiers livres européens y trouvèrent asile. A partir de 1539, des éditeurs français, italiens et allemands s’installent au Mexique pour proposer des traductions des ouvrages publiés en Europe.

Rapidement, d’un simple travail de traducteur, ces maisons vont s’orienter vers l'édition d'une création locale. Mais il est intéressant de garder à l’esprit que les premiers livres de philosophie de culture européenne à être publiés hors du continent européen le seront au Mexique. Le pays voit l’apparition d’un véritable marché du livre. Pour qu’il en soit de même chez ses voisins, il faudra attendre jusqu’au XIXe siècle.

Je dois avouer que je ne connais pas très bien la littérature mexicaine mais notre prix Pulitzer, J.M.G Le Clezio, a écrit un ouvrage sur la relation amoureuse qu'entretenait la peintre mexicaine Frida Kalho avec Diego Rivera, muraliste tout aussi célèbre. Lorsque Frida annonce son intention d'épouser Diego, son père a ce commentaire acide : « Ce seront les noces d'un éléphant et d'une colombe. » Personne ne croit à cette union qui s’exprime et se détruit par la peinture. Le Clézio s’éloigne vite du genre bibliographique et raconte des vies, follement romanesques, et nous emporte. Le Mexique des années 1930, la révolution jouent des rôles tout aussi importants. Il s’agit vraiment d’un livre magnifique !

Diego et Frida, J-M-G Le Clezio, folio, environ 5 euros.

Fée Carabine.

mercredi 4 mars 2009

Des chambres d'hôtes pendant la crise...

En cette semaine du pouvoir d'achat, ne nous fâchons pas et pensons aux choses plaisantes à petit prix...

Les chambres d’hôtes ne sont plus réservées aux portefeuilles bien garnis ! Marie-Dominique Perrin propose des endroits merveilleux, insolites et magiques à des prix accessibles (de 50 à 90 euros la nuit). Un manoir dans le Finistère tenu par un couple d’anglais, une ancienne école dans le Morbihan avec un billard et un flipper ou une auberge au cœur des montagnes de l'Auvergne dans laquelle un sauna et un mur d’escalade vous attendent, raviront vos prochaines vacances. Le charme ne s’économise plus, les endroits d’exception non plus…

Un accueil chaleureux, une table savoureuse, un cadre inoubliable accompagnent chaque adresse. Marie-Dominique Perrin a déniché les plus jolies chambres d’hôtes tenues secrètes jusqu'alors à prix très sympas : du tarif à l’humeur des propriétaires en passant par l’orientation de la maison et la décoration, elle vous dit tout…

Chambres d'hôtes secrètes à prix sympas, Hachette tourisme, 16 euros.
Fée Carabine.

mercredi 11 février 2009

Le personnage du prince charmant

Ne nous leurrons pas, le prince charmant est un personnage, une création de toute pièce. Et comme dit Romain Gary :" il va s'en dire qu'un romancier se trompe plus facilement qu'un autre sur la nature des choses, parce qu'il les imagine". Et heureusement dans notre cas ! Quoi de plus inconsistant qu'un prince charmant ? Cet être à la musculature développée, au sourire blanc et aux attitudes fières et prétentieuses. Il n'intéresse que très peu les conteurs d'ailleurs. Les héros des contes ne sont-ils pas toujours des femmes ? La Petite Sirène, La Belle au bois dormant, Cendrillon, Blanche neige... Le seul personnage maculin qui jouisse d'un peu plus d'épaisseur parmi ces contes célebrissimes est une bête. Il pert tout intérêt dès lors qu'il se transforme un homme. Alors réjouissons nous, si nous cherchons des princes charmants, ils sont depuis leur création des chimères, des mirages, peu attirants qui plus est.

Fée Carabine.

mercredi 4 février 2009

Petit éloge de la douceur de Stéphane Audeguy

La douceur ne réside-t-elle pas dans des petits moments éphémères ? Des petites choses toutes simples. Stéphane Audeguy évoque l'enfance, les drogues, le tabac, la télévision, les tapas, les bonbons et les sacs à dos... vous pouvez compléter la liste. "Mais attention la douceur est vouée à une irrémédiable minorité : ce charme est son secret." Ce Petit éloge de la douceur vous aidera à la trouver.

Petit éloge de la douceur, Stépahne Audeguy, Folio, 2 euros.
Fée Carabine.

mercredi 21 janvier 2009

Mode qui es-tu ?

Le mot mode peut avoir plusieurs sens ; environ huit qui touchent à de nombreux domaines. On distingue les modes en grammaire, les modes en musique, en passant par le mode en philosophie (détermination d’une essence), ou en mathématiques (statistique) et même en cuisine où l’on parle de « bœuf-mode ». Enfin, les trois derniers sens, et ceux qui nous intéressent ici sont : la mode en tant que phénomène, manière passagère de vivre, d’agir, de penser, liée à un milieu, une époque déterminée ; la mode dans le contexte de l’industrie, commerce et industrie de la toilette, et la mode, manière particulière de s’habiller conformément aux goûts d’une certaine société.

Un examen rapide de la définition du mot mode monter qu’à ce terme deux autres vocables sont souvent associés : le monde, pour société ou univers et la modernité.

Dérivé du mot latin modus (manière, façon d’être passagère) et de l’adverbe modo (tout à l’heure, bientôt), cette expression du fugitif et de l’éphémère est en butte à des appréciations parfois critiques comme celle-ci : « C’est un usage passager qui dépend du goût et du caprice » (Dictionnaire de l’Académie française de 1740) ou bien encore : « L’usage est une longue mode, la mode est un court usage. Il n’y a que les chefs d’œuvre en tout genre qui échappent à cette tyrannie. » (Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du xixeme siècle.)

Charles Baudelaire dans sa définition du beau et de la modernité insiste lui sur le rôle de la mode : « Le beau est fait d’un élément éternel, invariable, dont la qualité est extrêmement difficile à déterminer, et d’un élément relatif circonstanciel, qui sera, si l’on veut, tour à tour, ou tout ensemble, l’époque, la mode, la morale, la passion. »

La mode est perçue comme un mouvement qui s’écoule parallèlement au cours de l’histoire, au fil des temps et dans toutes les couches de la société ; Elle incarne le changement, une force rivalisant avec l’habitude.

fée Carabine

mercredi 14 janvier 2009

Vladimir Maiakovski

Vladimir Maiakovski est un écrivain russe d'origine cosaque né en 1893 a Bagdadi en Géorgie. Il devient l'un des meneurs du mouvement futuriste russe. Poète, dramaturge, affichiste, scénariste... il se suicide à l'âge de 37 ans d'une balle de revolver en plein cœur.

Voici une traduction de l'un de ses poèmes sur la ville :

Chuchotis, chahuts et grabuges

Echos des villes vous traînez un chahut
Sur pied de chuchotis et sur fracas de rouages,
Mais gens, chevaux, tout n'est que cohues,
Serviles aux lignes de ces fugitifs nouages.

Le mioche traîne avec lui un 'tit chahut.
Sons par sacoches des porte-containers.
Froufrou du coursier au fil de sa chasuble.
Le tramway pleuvra des roulement de tonnerre.


Vers la place tous à travers les passages
S'en vont au gré des canaux entrecroisés d'âmes,
Où, gueule entrefroissée et barbouillée de fange,
On sacre empereur sur les bazars le ramdam.




Fée Carabine.

mercredi 7 janvier 2009

La Mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé

L’histoire se déroule dans une Afrique ancestrale, mais une sensation d’universalité et d’intemporalité se dégage de cette prose. Le roi Tsongor reçoit des présents des princes et des rois de contrées voisines pour le mariage de sa fille Samilia. Le royaume semble paisible et riche mais le serviteur du roi Tsongor, Katabolonga, pressent un malheur. Au cours de dialogues magnifiques, il laisse échapper ses inquiétudes et annonce bientôt l’arrivée de Sengo Kerim, un ami d’enfance de la fille du roi auquel elle avait promis sa main. Très vite, la guerre paraît inéluctable, s’impose comme une fatalité. En ces temps de guerre, ce livre prend une dimension philosophique et dénonce l’absurdité de la condition humaine.

La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Actes sud ou J’ai Lu en poche, environ 7euros.

Fée Carabine.

mercredi 31 décembre 2008

Des amours qui pétillent



Belle-sœur de Patrick Besson

Gilles Verbier est journaliste, son frère Fabien la nouvelle star du cinéma. Ils se retrouvent tous les dimanches à Marolles, chez leur mère et leur beau-père. La veille du réveillon, Fabien présente sa fiancée. Annabel ne ressemble pas aux anciennes petites amies de l’acteur. Ni blonde ni potiche, la jeune femme veut laisser une bonne impression. Elle réussit. Gilles tombe sous son charme et frise bientôt l’obsession…
Il cherche dans la chambre du jeune couple des cheveux de la belle, n'hésite pas à l'embrasser dès que son frère tourne le dos, la suit dans le quartier des Batignolles.
Belle-sœur raconte l'histoire d'un amour pétillant et grisant qui fait un peu trop tourner la tête.

Fée Carabine Belle-sœur de Patrick Besson, Fayard, 18 euros.

mercredi 17 décembre 2008

Un cadeau à lire

Antimanuel de littérature de François Bégaudeau

Oui oui vous le connaissez, il est l'auteur d'Entre les murs adapté au cinéma et salué au festival de Cannes. François Bégaudeau est aussi professeur, il use et détourne pour Noël son compagnon de classe ; le manuel. Avec l'Antimanuel de littérature, il écrit un véritable essai sur la littérature, ses définitions, ses enjeux, ses idées, ses disputes. Il défend les mots et propose - ce que peu de vrais manuels osent - une sélection de textes contemporains. Enfin, un bonus permet aux écrivains en herbe de s'émanciper ! Un manuel qui fait rire et c'est trop rare pour s'en priver.

Antimanuel de littérature de François Bégaudeau, éditions Bréal, 21 euros.


Fée Carabine.

mercredi 10 décembre 2008

L'inspecteur Lapou

Quand les lapins mènent l'enquête

En voilà un drôle d’inspecteur…Lapou, avec son imperméable bleu, sa nonchalance et son flegme légendaire ne nous déçoit pas. Il résout les enquêtes les plus retords ; la disparition du jeune poireau, l’agression du champignon. Il démasque les concombres, les poivrons et permet une douce harmonie dans le potager.
Des policiers pour les touts petits des plus réjouissants !

L’inspecteur Lapou de Bénédicte Guettier chez Gallimard jeunesse, collection «Giboulées ».


Fée Carabine

mercredi 3 décembre 2008

Un roman des grands froids

Le Route de Cormac Mc Carthy

Il y a les romans où il fait froid et les romans qui nous font froid, il y a des pages en papier glacé qui nous laissent à notre torpeur et des pages toutes simples qui nous font grelotter. La Route de Mac Carthy fait partie de la seconde catégorie. On frissonne tout du long. On suit ce père et ce fils sur une route inconnue, cherchant désespérément à manger et de quoi se réchauffer, et comme eux, on sent nos extrémités refroidir. Il y a les congères qui n’en finissent plus, les calles humides de vieux bateaux, les forêts blanches et ces dialogues magnifiques. Aussi décharnés que la nature qui les entoure et tellement forts.

Ce qui frappe c’est la beauté de mots tout simples, auxquels on ne fait plus attention et que le fils répète quand son père lui explique… ce qu’il reste à expliquer : « d’accord » dit-il, et curieusement cela devient poétique, nu et essentiel… Et puis il y a ce pays qui ressemble à tous les pays, ce paysage chaotique qui fait échos à tous les pays en guerre, ces deux personnages qui, on le voudrait bien, ressemblent à tous les hommes, en plus beau peut-être.
S’il y a un livre à lire en cette période de grand froid c’est celui-ci, parce qu’il s’adapte à nos températures et parce qu’il fait réfléchir.


La Route de Cormac Mc Carthy, L'Olivier, 20 euros, Prix Pulitzer 2007.

Fée Carabine

mercredi 26 novembre 2008

Quand les flics deviennent truands...

Déjanté d'Hugo Hamilton
Tiraillé entre son boulot de flic et sa vie de famille, Pat Coyne ne se résout pas à lâcher du lest. Il combat sans relâche la bande de Cunningham et le sadique Drummer, lutte contre les élans artistiques de sa femme et perd un peu les pédales… Flic ou voyou ? Ses repères s’estompent. Dublin a-t-elle trouvé son héros ou héberge-t-elle un petit justicier en mal de reconnaissance ?

Il s'agit sans conteste d'un polar intelligent. L'auteur montre combien les policiers peuvent adopter les mêmes techniques que les bandits, combien, eux plus que d'autres, sont susceptibles de faire régner une atmosphère d'angoisse en usant d'une justice expéditive.

Déjanté d'Hugo Hamilton,

Fée Carabine

mercredi 19 novembre 2008

Asterix chez les Belges

Asterix chez les Belges est la dernière bande dessinée de la série Asterix à laquelle participe René Goscinny. Dans ce volet des aventures du grand costaud et du petit moustachu, Jules César excite l’amour propre du peuple Gaulois en déclarant que le peuple belge est le plus brave. La réaction ne tarde pas à se faire entendre, Abraracourcix, indigné par cette attaque convainc Asterix et Obelix d’aller voir en Belgique qui sont les plus forts et les plus courageux. Un concours organisé par Jules César se prépare...

Jules César a réellement vanté le courage des Belges, mais l’empereur disait : « Les Belges sont les plus forts de tous ces peuples [Horum omnium fortissimi sunt Belgae], parce qu'ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine, et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue à efféminer le courage [atque ea quae ad effeminandos animos pertinent important] : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux. » Même si l’interprétation de Gosciny et Uderzo est très libre et délibérément exagérée, elle s’inspire, comme très souvent d’une réalité, tout en y ajoutant beaucoup d’humour.


Astérix chez les Belges de René Goscinny et Albert Uderzo, Hachette, environ 10 euros.
Fée Carabine

mercredi 12 novembre 2008

Quand Disney inspire le Pop Art

Walt Disney n'est pas un écrivain mais il demeure, incontestablement, un conteur d'histoires hors pair. Alors qu'il s'approprie, transforme et recycle les grands conteurs, les artistes utilisent et reprennent à leur tour ses dessins. L’univers de Walt Disney constitue un puits d’inspiration pour les artistes du monde entier. Le Pop Art, notamment, utilise les personnages de Mikey, Donald et les autres dans des collages, des peintures ou des photographies. La Tate Modern expose déjà Minnie à côté des starlettes.

Andy Warhol illustre sa réflexion sur la reproductibilité grâce aux figures convaincantes de Disney. Le graphisme plastique et universel permet à Warhol de détourner efficacement la société de consommation et l’impérialisme américain. En tant qu’ancien publicitaire, l’artiste dénonce les excès de l’Amérique. Il décline, multiplie les hommes (Marylin Monroe ou Liz Taylor), les objets (les conserves Campell’s Soup) et les personnages, tous mis sur un même plan et voués à mourir dans la répétition.


Fée Carabine

mercredi 5 novembre 2008

Un air new-yorkais

Comédie new-yorkaise de David Schickler

Jacob et Rachel Wolf doivent à un rituel inattendu un mariage exemplaire. Patrick Rigg connaît des habitudes singulières, il ligote des femmes et les oblige à se regarder des heures durant dans un miroir. Léonard Bunce répond, nu sur un palier d’appartement, à des devinettes pour obtenir les faveurs de la désirable Hannah.

Les personnages de David Schickler se croisent dans les rues de l'Upper Est Side, Manhattan ou Greenwich Village avec leurs secrets et leurs déchirures. On partage leur quotidien, on enfile la peau du new-yorkais, on se perd avec lui. Certaines nouvelles sont plus réussies que d'autres. "Le Bain de Jacob" est particulièrement savoureux, l'homme qui parle à son ascenseur très attendrissant. Et alors que l'on pensait les nouvelles indépendantes, un fil se tisse... et déconcerte. Un beau livre américain !

Comédie new-yorkaise de David Schickler, l'Olivier, coll. "petite bibliothèque" 12 euros.
Fée Carabine

mercredi 29 octobre 2008

Un polar pour halloween

Les Rois écarlates de Tom Willocks

Voici un polar d'halloween, effrayant et incroyablement juste. Les descriptions psychologiques sont réalistes et profondes, pas étonnant, Tom Willocks est psychiatre !

Lenna Parrillaud martyrise impunément son mari, le séquestre et le drogue. Cicero Grimmes, en pleine dépression, refuse dorénavant la position debout et rampe entre les détritus jonchés sur le sol de son appartement. Un mystérieux épistolier décide de rompre cette routine, il demande à la riche et cruelle Lenna et au désespéré Cicero d’unir leurs destins. Ils doivent, sous peine d’un terrible chantage, trouver et remettre à la presse des documents compromettants.

Je n'en dirai pas plus... sinon que je l'ai lu en une nuit et que ce livre fait 400 pages.

Les Rois écarlates, Tom Wilocks, l'Olivier.

Fée Carabine

mercredi 22 octobre 2008

La littérature espagnole

Le Vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda


D’accord, Luis Sepulveda est chilien mais il écrit en espagnol, alors ça compte. Surtout, son roman Le Vieux qui lisait des romans d’amour est bouleversant et, chose plus rare, il invite à de nombreux fous rires.

Antonio José Bolivar connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars, lorsque les villageois d’El Idilio accusent son village à tort du meurtre d’un chasseur blanc. Le vieil homme se révolte. Obligé de quitter ses romans d’amour – seule échappatoire à la barbarie des hommes – pour chasser le vrai coupable et protéger ses amis indiens. C'est alors pour lui l'occasion de se replonger dans ses souvenirs mais surtout de penser à Josefina…


Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda, Points, 5 euros.
Fée Carabine

mercredi 15 octobre 2008

Le haïku

Savez-vous ce qu'est un haïku? Je dois vous l'avouer, je me suis penchée sur la question pour cette semaine japonaise. Il s'agit de poèmes, à la forme fixe ; un tercet de cinq, sept et encore cinq pieds. C'est assez particulier me direz-vous. Et comme si l'exercice n'était pas assez contraignant, il ne faut pas que l'auteur exprime ses sentiments. Voici, un exemple célèbre d'un grand maître, Matsuo Basho :
Un vieil étang,
Une grenouille saute,
Le bruit de l'eau.
... ça peut laisser sceptique, bien sûr. Le haïku doit offrir une réflexion, interroger, faire réfléchir. La brièveté garantit la perfection. Ce qui est amusant c'est que tout le monde peut essayer de faire des haïkus, ça fait très chic et c'est assez agréable ! Décrire ce que l'on voit, une chose anodine, et essayer de la retranscrire dans les mots qui vous parlent, rien qu'à vous. Tenter, dans trois petits vers d'immortaliser une impression subjective et éphémère par définition. Vous remarquerez que les mots deviennent poétiques, que les métaphores interviennent vite et que la force évocatoire peut faire bien plus qu'une longue description.
Fée Carabine

mercredi 8 octobre 2008

La mode selon Fidzgerald

Gatsby le Magnifique

Charles Dantzig, dans son Dictionnaire égoïste de la littérature française offre une définition du dandy, « les dandies sont des enfants de concierges enrichis ou de duc déchus. Ils ont une revanche de chic à prendre. Le dandy est le fils de la honte. »

Nous sommes en 1922, au sortir de la guerre, Jay Gatz se retrouve fabuleusement riche. Des légendes courent sur lui, il organise des soirées incroyables dans sa maison de Long Island et attend Daisy…Nick Carraway raconte. Daisy est sa cousine. Gatzby rivalise d’élégance, possède tout, beauté des robes et des pelouses, des piscines et des cocktails… Gatsby le Magnifique c’est le livre du luxe.
Celui d’un amour impossible aussi, mais on l’oubli presque tant ce personnage fascine, tant ce dandy intrigue.
Gatsby le Magnifique, F. Scott Fidzgerald.

Vous pouvez aussi lire le prix Goncourt de l’année dernière, Alabama Song de Gilles Leroy au Mercure de France. L’auteur imagine la vie du côté de Zelda, la femme de Fidzgerald, l’original de Daisy. Même si je doute, comme l’écrivain l’affirme dans son roman, que ce soit Zelda la plume du couple, le roman mérite son prix.

Fée Carabine.

mercredi 1 octobre 2008

Gossip Girl, quand l'adaptation dépasse le livre

Gossip Girl

Pour une fois j’aurais préféré vous parler de télévision ! L’adaptation à l’écran est bien meilleure que le livre, et c’est rare…

Connaissez-vous Gossip girl ? La série vient de commencer sur TF1 le samedi mais les épisodes de la saison 2 sont déjà disponibles aux États-Unis et sur Internet (en VO c’est bien meilleur !).

Cette série raconte la vie de jeunes gens de New York dans l’Upper Est Side toujours face à des dilemmes existentiels : robe rouge ou noire ? Escarpins ou ballerines ?

Une mystérieuse Gossip Girl entend tout, voit tout et raconte tout sur Internet : les aventures de la belle Serena, après une longue et mystérieuse absence, celles de sa meilleure amie Blaire (Olivia dans le livre), de Nate et du redoutable Chuck. La trame narrative, parce qu’il faut quand même parler de littérature, nous mène par le bout du nez. On ne peut pas s’ennuyer. C’est ingénieux de cruauté et de vice.

Loin des séries édulcorées et moralisantes, Gossip girl ose la méchanceté et les scandales sans le moindre scrupule. Et si l’animosité est souvent l’apanage des plus bêtes, il est dans le livre et son adaptation toujours plus fin et jouissif !

Gossip Girl de Cecily von Ziegesar, Fleuve noir. Fée Carabine.